
Plus qu’une semaine et c’est celle de tous les dangers. À Marcq, hier, Jean-François Copé a lancé la retransmission en direct du meeting de Toulouse. Et invité les militants à convaincre autour d’eux de ne pas « commettre l’irréparable », traduisez…
On connaissait les bons vieux meetings « tradi ». On a découvert les meetings en plein air, au risque de se casser la voix par météo capricieuse. Voici la dernière tendance : le meeting pour regarder le meeting. Écran géant à l’Hippodrome de Marcq-en-Baroeul, entre 800 et 900 participants et un poids lourd pour lancer l’après-midi : Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, toujours aussi mordant.
Avant de rejoindre les militants, petit point presse pour la forme et surtout pour dénoncer les « pseudo-affaires » mettant en cause le président-candidat après la publication par le site Médiapart d’un document attribué à l’ancien chef des relations extérieures de la Libye et assurant que Tripoli avait prévu de financer à hauteur de 50 millions d’euros la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. « Délire », réplique Copé, accusant Médiapart d’être un site « extrémiste » et s’en prenant aux médias qui prendraient « pour argent comptant » ces affirmations.
Les affaires ? « Il n’y a rien derrière », tranche l’élu de Meaux. Un détour par DSK et ce dîner d’anniversaire de Julien Dray qu’ont quitté les Valls, Royal et Moscovici, apprenant que DSK était également invité. Détail qui corse l’histoire, Dray invitait dans un restaurant de la rue… Saint-Denis… « C’est frais, c’est printanier, c’est la gauche », raille Copé qui reprendra ses saillies du jour en public un peu plus tard.
Avant lui, le député-maire UMP de Marcq, Bernard Gérard pour qui « de Hollande à la Grèce, il n’y a qu’un pas, il s’appelle François » et Marc-Philippe Daubresse qui lance plus qu’un appel du pied aux électeurs de François Bayrou : « Arrêtons de tergiverser, nous avons besoin de personnes de conviction ! » À une semaine du deuxième tour, Copé reprend la main à la tribune pour lancer « un message de mobilisation générale ». Son monde est bien tranché : « D’un côté le courage, l’engagement, la détermination. De l’autre, l’inconstance, l’inconséquence, l’irresponsabilité, la démagogie et la désinformation ». Il parle de la semaine à venir, « semaine fatidique » donc pour l’adversaire socialiste : « celle du débat ». Ici, point de débat, c’est un meeting de combat.
Combat perdu ? Jean-François Copé dit ne pas croire aux sondages même si l’UMP et l’Élysée en sont friands.
« Le seul véritable sondage, c’est le vote du 6 mai », assure le patron du parti présidentiel qui gomme tout différend passé avec le président sortant : « Un homme dont la solidité, le courage et la vaillance sont exceptionnels. »
Sans Jean-René Lecerf
Il ne lui volera pas la vedette ce dimanche après-midi puisque les militants et sympathisants sont surtout venus écouter le meeting de Toulouse en direct. Il se contente de revenir sur les sujets particulièrement mis en avant cette semaine : « L’insécurité, l’immigration, la justice, la laïcité et l’éducation, les cinq piliers d’un dispositif pour un État fort, capable de protéger nos enfants. » Dans les premiers rangs du public, des élus UMP de la métropole, quelques-unes du Pas-de-Calais mais pas le sénateur Jean-René Lecerf, pourtant Marcquois, qui a accusé, la semaine dernière Jean-François Copé d’être trop « chef de clan » et s’inquiète des risques d’une droitisation trop outrancière du discours. Réponse de Copé : « Ça m’a fait de la peine, moi qui n’ai pas l’habitude de me tromper d’adversaire. » Voilà qui promet des lendemains qui chantent entre ces deux-là…
Source : http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/04/30/cope-sonne-la-mobilisation-generale.shtml